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Les tendances émergentes dans le design web

Les tendances émergentes dans le design web

Les tendances émergentes dans le design web

L’expérience, avant tout

On l’a longtemps oublié : un site web, ce n’est pas une vitrine. C’est un terrain de jeu, d’exploration, un espace où l’utilisateur veut vivre quelque chose. En 2024, la tendance est claire : l’expérience utilisateur (UX) n’est plus une cerise sur le gâteau. C’est la recette complète.

Les designers ne cherchent plus seulement à être beaux. Ils veulent que ça « sente bon », que ça coule, que ça fasse sens dès le premier scroll. On parle de navigation fluide (scroll storytelling), de micro-interactions bien pensées, de transitions douces. Les animations surgissent au bon moment, pas pour en mettre plein la vue, mais pour guider, rythmer, embarquer.

Exemple concret : le site pitch.com, une plateforme de présentation collaborative. Simple en apparence, mais chaque interaction est léchée, rythmée, intuitive. Pas de fioritures. Juste l’essentiel, bien exécuté.

Le brutalisme est mort. Vive le néo-minimalisme !

Il y a eu une époque où les sites ressemblaient à des frigos soviétiques : typographies démesurées, marges impitoyables, couleurs criardes à la limite de l’absurde. C’était censé être rebelle (cf. les tendances brutalistes). En réalité, c’était souvent illisible.

Aujourd’hui, la tendance s’oriente vers un minimalisme repensé. Moins froid. Moins clinique. On garde la simplicité, mais on la réchauffe. Couleurs pastel, typographies douces, blancs bien respirés et hiérarchies visuelles claires. Tout semble avoir été posé avec soin… mais sans trop en faire.

Résultat : une esthétique plus mature, plus durable, plus respectueuse du lecteur. À suivre notamment chez A24 Films, dont le site est un parfait exemple de ce minimalisme émotionnel et narratif.

Le retour de la typographie expressive

La typo n’est plus un simple support de message — elle devient elle-même message. En 2024, les typographies prennent de l’espace. Elles se posent en héros visuel, remplacent les images parfois, racontent à elles seules une histoire ou une identité.

Sans aller jusqu’aux polices illisibles (oui, on se calme), on observe une volonté de jouer avec les tailles, les combinaisons audacieuses (sans-serif + serif, condensed + extended), et les animations typographiques. Le texte vit à l’écran.

Petite pépite à observer : le projet Obys Agency. Typographies frénétiques, mais jamais gratuites. Chaque mot « respire » l’univers du projet.

Design éthique et accessibilité en action

Ce n’est plus une option. En 2024, si votre site n’est pas accessible, vous êtes hors-jeu. Les tendances vont vers plus d’inclusivité : contrastes suffisants, navigation clavier optimisée, description alternatives pour les visuels, polices lisibles.

Mais au-delà de l’aspect technique, il y a une vraie réflexion de fond : quelles valeurs mon site reflète-t-il ? Est-ce que je pousse mes utilisateurs à un comportement sain ? Est-ce que je respecte leur attention ? Suis-je transparent sur mes données ?

Le « design éthique » s’impose doucement, porté par des initiatives comme le Ethical Design Guide. Le site de Superlist, par exemple, allie un design propre à une politique de confidentialité ultra-transparente. Preuve qu’on peut allier esthétique et intégrité.

L’IA générative au service du web design

Difficile d’échapper à l’IA. Mais cette fois, les outils sont plus qu’utiles : ils deviennent des collaborateurs. Figma intègre désormais des assistants intelligents capables de créer des moodboards, d’aligner des blocs automatiquement, de proposer des designs en fonction de prompts. Et le tout… commence à ressembler à quelque chose.

Attention : pas question de tout automatiser. Un bon design reste une affaire de sens, de contexte, d’intuition humaine. Mais l’IA vient fluidifier le processus, raccourcir certaines étapes fastidieuses, explorer de nouvelles idées. C’est un sparring-partner, pas un remplaçant.

Outils à explorer :

La narration web à l’horizontale

Il y a quelques temps, tout le monde scrollait vers le bas. Aujourd’hui, de plus en plus de designers osent réorganiser le sens de lecture. Scroll horizontal, split screens, mosaïques interactives – tout est bon pour remettre en question la linéarité.

Pourquoi ? Parce que notre cerveau s’ennuie vite face à des formats ultra répétitifs. Un effet de glissement horizontal casse la routine, attire l’œil, force l’attention. C’est du design narratif.

À voir : le site expérimental de Carbonmade ou encore celui de Avant Arte. L’interaction devient elle-même un acte créatif.

Des visuels moins stockés, plus incarnés

Bonne nouvelle : on voit de moins en moins de mains sur claviers floues, de femmes d’affaires souriantes sur fond blanc et d’hommes en costard pointant vers le ciel. La « stock photo » est en train de passer de mode. Enfin.

Ce qui fonctionne à présent ? Des visuels incarnés, spécifiques, ancrés dans une histoire réelle. Des photos brutes, des vidéos en low-fi, des textures authentiques, voire des illustrations personnalisées. Pas besoin d’un shooting à 15K. Ce qu’on cherche, c’est la sincérité, pas la perfection.

La tendance « authenticité crue » est portée par Instagram, TikTok et les générations qui en ont marre du faux. Sur le web, le visuel devient une preuve de confiance, pas une opération marketing déguisée.

Dark mode, mais pas que

Le mode sombre n’est plus un gadget : c’est une norme. De plus en plus de sites proposent un switch instantané entre clair et foncé, laissant à l’utilisateur le soin de choisir ce qui correspond à son confort visuel. Mieux encore : certains designs adaptent leur chromie automatiquement en fonction de l’heure ou de la luminosité ambiante.

Mais attention, le dark mode ne suffit pas à faire bon effet. Il doit être pensé, contrasté, lisible, et intégrer des couleurs secondaires adaptées. Trop de sites se contentent de foncer l’existant, au risque de rendre illisible certaines sections.

À noter : des palettes de couleurs « nocturnes » deviennent des identités visuelles à part entière. Le site de Linear est un bon exemple : élégance, clarté, accessibilité, même en mode sombre.

Éco-conception et sobriété numérique

Le web consomme – beaucoup. Et les designers en prennent conscience. La tendance actuelle invite à alléger le poids des pages, à limiter les animations superflues, à éviter les vidéos en autoplay ou les images en ultra-HD inutiles.

Objectif : réduire l’empreinte carbone. Mais pas seulement. Ces choix favorisent aussi la vitesse de chargement, l’accessibilité, la compatibilité avec des connexions limitées. C’est du gagnant-gagnant.

Des outils commencent à émerger pour analyser l’impact environnemental d’un site (ex : Website Carbon). Des agences comme GreenIT ou Low Tech Lab posent de vraies questions : a-t-on vraiment besoin de tout montrer, tout animer, tout tracer ?

Responsive n’est plus une option

Newsflash : le responsive est la base. En 2024, on ne demande plus si un design est mobile-friendly. On demande s’il est pensé mobile-first.

Le réflexe doit être ancré dès la première maquette : comment ce bloc se comporte sur un écran 5″, un iPad, un laptop large ? Est-ce que je respecte les zones de clic ergonomiques ? Est-ce que mes images se chargent comme il faut en 4G ?

Ça semble basique, mais trop de sites « designés » desktop deviennent des labyrinthes mobiles. Et c’est un problème – surtout quand 70% du trafic vient du smartphone.

En résumé

Le design web en 2024 est à la croisée des chemins : plus humain, plus responsable, plus incarné. Les gimmicks visuels cèdent la place à des expériences soignées, sensées et accessibles. Derrière l’écran, on cherche à comprendre le lecteur, à le respecter, à l’accompagner.

Et vous, votre site, il ressemble à quoi ?

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